Une décennie après la fin de la dictature chilienne
«El cielo, la tierra y la lluvia»De José Luis Torres Leiva, avec Julieta Figueroa, Angelica Riquelme, Maria Munoz.
Le septième art chilien demeure mal connu des écrans européens, sauf si l'on songe à Raul Ruiz, exilé volontaire (parmi beaucoup d'autres) du régime du général Pinochet. Il fut contraint de travailler en France avant de rejoindre son pays (avec beaucoup d'autres) à la fin de la dictature. Tous ces auteurs doivent maintenant chercher à retrouver, après coup, leurs principales racines qui renvoient à la création de l'Institut du Film (1955) et des ciné-clubs nés de la sorte qui militèrent surtout à partir de documentaires au service de la politique menée pour obtenir le pouvoir démocratique de Salvador Allende (Patricio Guzman ou Sergio Bravo, par exemple).
Maintenant, cette petite nation d'Amérique latine, comme plusieurs d'entre elles, espère s'accomplir dans les œuvres de fiction. Et ce premier long-métrage d'un réalisateur scénariste, signataire de courts métrages (six en cinq ans dès 2002), donne une bonne idée de l'une des thématiques traitées, oublieuses de l'affreuse période militaire et qui bénéficient des moyens numériques de la technologie actuelle.
Acclimatés par l'intense lumière de paysages grandioses, les sentiments individuels témoignent à leur tour d'une volonté rayonnante ainsi que d'une vie difficile à maîtriser, d'où le caractère éclaté d'histoires personnelles qui pourraient occuper de brèves nouvelles de littérature autour de trois femmes d'aujourd'hui. Ces récits qui se chevauchent, se croisent ou se rejoignent expriment les désirs, les contingences de l'existence journalière, certaines indifférences ou les souffrances et la présence de la mort.
Tandis que l'espèce masculine, assez lointaine, croit au sport, aux brutalités de la boxe comme aux charmes virils du tir des chasseurs perdus le long des lisières, Ana, Veronica et Marta se rencontrent parfois, échangent quelques phrases et connaissent chacune leur destinée qui passe des plaisirs d'un instant aux difficultés des réalités ordinaires ou domestiques avec, pour Marta, la douleur interne qui vire à la névrose, à l'envie du suicide parce que l'espérance ne parvient jamais à la faire sortir de son isolement en dépit de présences amicales.
La caméra caresse les beautés de la nature végétale; elle pénètre sous les feuillages, s'arrête tendrement sur l'écorce d'un arbre, monte jusqu'au sommet des branches et se perd dans le bleu du ciel...
Ces images d'insistants panoramiques s'adaptent à la promenade solitaire d'un personnage féminin, initial mouvement d'une suite de séquences narratives diverses qui se termineront logiquement par cette identique situation mouvante, si bien que l'ensemble de cet ouvrage pourrait être seulement le résultat rêvé par la promeneuse: souvenirs d'une mémoire capable d'expliquer les raisons de ce romanesque dispersé, les bonheurs familiaux des voyageurs sur le bateau qui part ou revient sur l'île, la rumeur des vagues de la mer, la mentalité des marchands de l'échoppe, les brouhahas du marché, la tranquille profession d'un artisan, le va-et-vient d'une circulation incompréhensible de voitures ou de camions, les séjours sur la plage, le soleil ou la pluie tandis que la bande sonore multiplie un jeu de bruits étranges, de chants d'oiseaux ou de silences interrogatifs
«El cielo, la tierra y la lluvia»De José Luis Torres Leiva, avec Julieta Figueroa, Angelica Riquelme, Maria Munoz.
Le septième art chilien demeure mal connu des écrans européens, sauf si l'on songe à Raul Ruiz, exilé volontaire (parmi beaucoup d'autres) du régime du général Pinochet. Il fut contraint de travailler en France avant de rejoindre son pays (avec beaucoup d'autres) à la fin de la dictature. Tous ces auteurs doivent maintenant chercher à retrouver, après coup, leurs principales racines qui renvoient à la création de l'Institut du Film (1955) et des ciné-clubs nés de la sorte qui militèrent surtout à partir de documentaires au service de la politique menée pour obtenir le pouvoir démocratique de Salvador Allende (Patricio Guzman ou Sergio Bravo, par exemple).
Maintenant, cette petite nation d'Amérique latine, comme plusieurs d'entre elles, espère s'accomplir dans les œuvres de fiction. Et ce premier long-métrage d'un réalisateur scénariste, signataire de courts métrages (six en cinq ans dès 2002), donne une bonne idée de l'une des thématiques traitées, oublieuses de l'affreuse période militaire et qui bénéficient des moyens numériques de la technologie actuelle.
Acclimatés par l'intense lumière de paysages grandioses, les sentiments individuels témoignent à leur tour d'une volonté rayonnante ainsi que d'une vie difficile à maîtriser, d'où le caractère éclaté d'histoires personnelles qui pourraient occuper de brèves nouvelles de littérature autour de trois femmes d'aujourd'hui. Ces récits qui se chevauchent, se croisent ou se rejoignent expriment les désirs, les contingences de l'existence journalière, certaines indifférences ou les souffrances et la présence de la mort.
Tandis que l'espèce masculine, assez lointaine, croit au sport, aux brutalités de la boxe comme aux charmes virils du tir des chasseurs perdus le long des lisières, Ana, Veronica et Marta se rencontrent parfois, échangent quelques phrases et connaissent chacune leur destinée qui passe des plaisirs d'un instant aux difficultés des réalités ordinaires ou domestiques avec, pour Marta, la douleur interne qui vire à la névrose, à l'envie du suicide parce que l'espérance ne parvient jamais à la faire sortir de son isolement en dépit de présences amicales.
La caméra caresse les beautés de la nature végétale; elle pénètre sous les feuillages, s'arrête tendrement sur l'écorce d'un arbre, monte jusqu'au sommet des branches et se perd dans le bleu du ciel...
Ces images d'insistants panoramiques s'adaptent à la promenade solitaire d'un personnage féminin, initial mouvement d'une suite de séquences narratives diverses qui se termineront logiquement par cette identique situation mouvante, si bien que l'ensemble de cet ouvrage pourrait être seulement le résultat rêvé par la promeneuse: souvenirs d'une mémoire capable d'expliquer les raisons de ce romanesque dispersé, les bonheurs familiaux des voyageurs sur le bateau qui part ou revient sur l'île, la rumeur des vagues de la mer, la mentalité des marchands de l'échoppe, les brouhahas du marché, la tranquille profession d'un artisan, le va-et-vient d'une circulation incompréhensible de voitures ou de camions, les séjours sur la plage, le soleil ou la pluie tandis que la bande sonore multiplie un jeu de bruits étranges, de chants d'oiseaux ou de silences interrogatifs